mercredi 15 janvier 2014

Une bulle de douceur


Il faut apprendre à vivre au présent avec un bébé, il n'est ni dans le passé ni dans l'avenir même si on s'obstine à l'y placer par des photos, des souvenirs, des expectatives, des souhaits.



Ce petit bout d'homme qui dort dans une position biscornue (tête et bras sur mon ventre, fesses en l'air et pieds repliés) ne vit qu'au présent, à la seconde-même. J'ignore où il passe ses rêves, ce qui se déroule sous ses paupières closes à l'instant, ce qui passe dans sa petite tête toute ronde, toute douce quand il me regarde, quand il rit, quand il a l'air ailleurs.
Mais je m'efforce de vivre tout cela au même rythme que lui, d'être dans ce présent, dans ce "maintenant" sans me projeter plus loin, pour profiter de tout son être, de tout ce réel qui ne demande pas à exister autrement pour être accompli et satisfaisant.


C'est un apprentissage d'être maman (je ne peux qu'imaginer de loin ce que c'est d'être papa), c'est se confronter à des questions qu'on n'avait pas anticipées et surtout se confronter à soi. C'est s'obliger à grandir, on ne peut plus vivre dans le déni, il faut avancer, il faut faire place nette. Je crois que je peux me faire à de nouveaux rythmes, perdre un peu de ma liberté (on y reviendra), changer de vie, me mettre au niveau de mon fils mais j'ai encore beaucoup de difficultés à devenir adulte, à assumer ce qui fait une vie de grand, surtout la paperasse. Je crois qu'avant d'avoir un enfant, il faut être capable de s'assumer pleinement du point de vue sociale (pour le reste on a toute la vie!). Mais au pied du mur, on n'a plus le choix hein?

Bref, j'ai encore tout ce chemin à parcourir, mais ce petit être qui me regarde à son réveil, qui cligne des yeux pour réintégrer la réalité de sa journée, qui me sourit parce je lui parle, qui observe mes lèvres bouger, qui essaye d'attraper tout ce qui est dans mes mains, qui se colle à moi pour se reposer un peu avant une autre chasse à la chaussette pendue au bout de son pied... Bref, ce petit être me donne la force de me battre contre moi, contre mes mauvaises habitudes de laisser tomber, de ne pas prendre mes responsabilités. Heureusement, on est bien entourés aussi pour être aidés et on est deux à unir nos forces.

Cependant, je resterais bien dans cette bulle de douceur que me dessine mon fils avec son petit corps, je resterais bien dans son regard, je garderais bien ce sourire qu'il provoque à la seule vue de sa petite bouille interrogative ou hilare... Allez, encore quelques minutes dans cette bulle et je reviens dans la réalité des adultes...

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